Définition et enjeux de la RSE en 2020

Dans Tendances - Métiers , 17 novembre, 2020

L’acronyme RSE, nous le connaissons tous. C’est un terme qui revient régulièrement dans les conversations. En effet, dans ce contexte actuel de crise sanitaire et écologique, nous avons pris conscience qu’au-delà des avantages pour les entreprises, les engagements RSE constituent un enjeu majeur pour la société en général. Mais savons-nous vraiment ce qu’il se cache derrière ces trois lettres ? Notre ambition est de le comprendre ensemble au travers de cet article.

Nous définirons la RSE et découvrirons son histoire. Ensuite nous examinerons les moyens par lesquels les entreprises mettent en place leurs engagements RSE et la façon de les mesurer. Pour finir nous nous intéresserons à la manière dont Celencia intègre ses engagements RSE à sa stratégie d’entreprise.

1. La RSE c’est quoi ?

RSE signifie Responsabilité Sociétale des Entreprises. La responsabilité sociétale des entreprises ou des organisations (RSE/RSO) est une démarche visant à intégrer les enjeux du développement durable, à moyen et long termes, dans la vision et la stratégie d’une organisation. Il s’agit d’une démarche volontaire de la part des organisations. Depuis sa publication en 2010, la norme ISO 26000 constitue le cadre de référence en la matière, donnant ainsi des lignes directrices à suivre.

Selon la norme ISO 26000, la RSE est « La responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et sur l’environnement, se traduisant par un comportement éthique et transparent qui contribue au développement durable, y compris à la santé et au bien-être de la société ; prend en compte les attentes des parties prenantes ; respecte les lois en vigueur et qui est en accord avec les normes internationales de comportement; et qui est intégré dans l’ensemble de l’organisation et mis en œuvre dans ses relations »[1].

Mettre en place une démarche et des engagements RSE au sein de son organisation, c’est avoir la volonté de prêter attention à ses impacts sur la société et l’environnement, et agir de façon responsable. C’est équilibrer les quatre dimensions suivantes dans les préoccupations de l’entreprise : économique, sociale, sociétale et environnementale. Les engagements RSE s’étendent donc des relations d’affaires et pratiques responsables/loyales à la protection du client/consommateur. Elles concernent également la protection des salariés, le respect de l’environnement et la contribution au développement local.

[1] Cf. https://www.labellucie.com/la-norme-iso-26000

Un mot d’histoire

Dans les années 1950, les préoccupations environnementales et sociales commencent à s’intensifier. Les consommateurs souhaitent que les entreprises s’engagent en tenant compte des valeurs prônées par la société.  Dans l’ouvrage de Bowen Social Responsibilities of the Businessman émerge l’idée selon laquelle les entreprises ne doivent plus uniquement se concentrer sur leurs profits mais également intégrer la dimension sociale afin d’en tirer profit. Bowen est ainsi considéré comme le père fondateur de la RSE. Dans les années 1970, dans son ouvrage A Three-Dimensional Conceptual Model of Corporate Performance, Caroll détaille les quatre catégories de devoirs que l’entreprise doit avoir envers la société : économique, légal, éthique et philanthropique.

Une décennie plus tard, Freeman ajoute la notion de partie prenante à cette définition, proposant ainsi une autre vision de la raison d’être d’une entreprise. Il estime que le but de l’entreprise est de répondre aux besoins des parties prenantes, c’est à dire tout individu ou groupe d’individus qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs organisationnels ; ce qui permettra de réaliser ensuite du profit. La théorie des parties prenantes est désormais largement diffusée, reprise notamment dans l’ISO 26000, texte international de référence en matière de responsabilité sociétale des entreprises. Les parties prenantes sont à la fois internes et externes à l’entreprise. La RSE continue ensuite à se développer lors de nombreuses instances comme le sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro et le sommet de Johannesburg en 2002.

Aussi, depuis les années 2000, les gouvernements rédigent des réglementations en matière d’engagements RSE. En France par exemple, la loi des Nouvelles Régulations Économiques impose aux entreprises françaises cotées de rendre publique leurs engagements RSE en matière de développement durable. Cette loi sera ensuite complétée par des réglementations telles que les lois Grenelle ou les Lois de Vigilance. Aujourd’hui, la RSE est au centre de préoccupations mondiales. Il est important de noter que la RSE est aussi un avantage concurrentiel pour l’entreprise à travers la performance économique et l’image de marque.

En effet, un rapport publié par France Stratégie en 2016 a mis en évidence que les entreprises ayant intégré une stratégie RSE ont une performance 13% supérieure aux entreprises n’en ayant pas intégré. On ne peut pas nier non plus l’impact clients et collaborateurs d’une démarche RSE. La sensibilité des consommateurs et des candidats les pousse de plus en plus à traiter avec des entreprises responsables sur le plan social, sociétal et environnemental, en cohérence avec leurs valeurs et ambitions.

2. Comment mettre en place des engagements RSE dans une entreprise ?

Les entreprises mettent en place leurs engagements RSE en organisant des actions autour des quatre piliers définissant la RSE : économique, social, sociétal et environnemental. Pour illustrer les engagements RSE d’une entreprise, prenons quelques exemples d’actions mises en place par Groupama. Ce groupe mutualiste est un bon élève en RSE, avec son programme stratégique 2020-2021 AGI’RSE articulé autour de 4 axes et 12 engagements RSE :

  • Employeur attentionné et engagé pour la réussite collective : Groupama Assurances Mutuelles, Groupama Assicurazioni et Groupama Asigurari sont certifiées Top Employer en 2019.
  • Assureur créateur de solutions et services durables : Groupama accompagne la transition pour une agriculture durable via le lancement de GARI, un agrégateur de services innovants pour simplifier la vie des agriculteurs et veiller sur leur exploitation.
  • Partenaire solidaire auprès des communautés et des territoires : via ses mécénats et sa lutte contre les maladies rares. La Fondation Groupama décerne le Prix de l’innovation sociale au Lab universitaire de la faculté de pharmacie de Reims.
  • Acteur responsable de la transition écologique : Groupama a réduit sa consommation de papier de -3,8 M de pages imprimées.

Engagements RSE Groupama

Afin de faire valoir ses engagements RSE, l’entreprise se doit d’être transparente et de communiquer avec ses parties prenantes. Il est d’ailleurs de plus en plus demandé par les clients et les candidats de connaître les performances extra-financière des organisations. Pour cela, les entreprises ont recours à des outils de calcul, à des indicateurs et à des labels. Parmi ces outils, nous trouvons par exemple l’Analyse du Cycle de Vie, quantifiant les émissions de gaz à effet de serre d’une entreprise et les impacts de celles-ci sur l’environnement. Parmi les indicateurs, les entreprises peuvent par exemple chiffrer le taux d’emploi de personnes handicapées ou le montant d’investissement dépensé pour les mécénats.

Les entreprises ont aussi la possibilité de communiquer sur leurs engagements RSE et de les faire reconnaitre via des certifications ou labellisations comme la labellisation Afnor, Ecocert ou Lucie. La labellisation permet d’assurer un cadre en interne afin de respecter ses engagements RSE, de se challenger, et d’apporter une valeur probatoire des actions mises en œuvre de la part de l’entreprise auprès de ses parties prenantes. Prenons l’exemple du label Lucie. Il est aligné sur les 7 questions centrales de la norme ISO 26000, que sont : la gouvernance de l’organisation, la contribution au développement local, les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, les bonnes pratiques des affaires, l’environnement et la protection du consommateur.

Label LUCIE :

  • Créé en 2008 par Qualité France Association
  • Aligné sur la norme ISO 26000 (texte international de référence en matière de RSE depuis 2010), qui définit un cadre pour les entreprises souhaitant adopter un comportement responsable en matière sociale et environnementale
  • Démarche d’engagement durable, impliquant des progrès réguliers et continus
  • Permet à l’entreprise de s’engager dans une démarche RSE autour de 7 axes et 25 principes d’actions
  • Cette labellisation apporte à toutes les parties prenantes d’une entreprise labellisée la garantie que celle-ci est engagée dans une véritable démarche de progrès RSE

3. La RSE chez Celencia

Notre vision de la RSE

Depuis sa création en 2008, Celencia s’appuie sur un projet durable et humain et sur ses valeurs « CARE » : Confiance, Audace, Respect et Engagement.

Pour Celencia, la RSE s’inscrit dans une démarche de performance globale de l’entreprise ; elle intègre donc l’ensemble des composantes : économique, sociale, sociétale et environnementale. L’objectif est de prendre en compte la dimension RSE dans toutes les décisions, pour favoriser un développement harmonieux et durable de l’entreprise.

 

Le label Lucie & DRO (Dirigeants Responsables de l’Ouest)

L’engagement RSE de Celencia a été concrétisé en 2014 par la labellisation « LUCIE ». Celencia a fait le choix de passer par le label Lucie, car il est basé sur une démarche concrète, personnalisée et d’amélioration continue. Il implique à la fois l’évaluation de la maturité du cabinet et le développement de nouvelles actions. Des audits de suivi tous les 18 mois et un renouvellement du label tous les 3 ans permettent d’évoluer continuellement et de rendre compte des démarches effectuées en réponse aux engagements RSE pris.

En 2020, Celencia travaille en vue d’obtenir sa 3ème labellisation. Cela lui permet de faire le point, de se challenger à nouveau et de réfléchir aux prochaines solutions pour l’avenir. Enrichir ses engagements RSE, c’est continuer de s’améliorer, tant pour ses collaborateurs que pour ses clients et partenaires. Le suivi continu du plan d’action pour réaliser les engagements RSE pris tous les 3 ans permet de garder la RSE au cœur des préoccupations et des prises de décisions stratégiques du cabinet. Celencia est également investi dans l’association DRO (Dirigeants Responsables de l’Ouest). Cette association regroupe des dirigeants des Pays de la Loire et de Bretagne et vise à améliorer la performance économique de leurs entreprises au travers d’engagements RSE. Ces dirigeants se réunissent régulièrement pour réfléchir ensemble à des sujets tels que la mise en place du plan de mobilité en cohérence avec la loi LOM du 26 décembre 2019.

 

Comment se manifestent les engagements RSE de Celencia vis-à-vis de ses parties prenantes, et quels en sont les enjeux ?

En interne : il est primordial de veiller à la protection et au bien-être des salariés et leur permettre de pratiquer leur activité dans le respect des valeurs pour lesquelles ils ont choisi de rejoindre Celencia : la Confiance, l’Audace, le Respect et l’Engagement.

A l’externe : veiller à de bonnes pratiques commerciales et maintenir un relationnel humain et respectueux vis-à-vis des partenaires est fondamental pour favoriser un réseau solide et pérenne et incarner les valeurs de Celencia.

L’objectif du cabinet est donc de s’inscrire durablement dans son écosystème, à travers les différents axes d’actions et d’engagements RSE évoqués ci-après.

1. Favoriser l’emploi local :

  • Prestations de cours à l’IAE de Nantes, ESSCA, INSA Rennes et l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

2. Engagement sociétal :

  • Implication dans des associations, telles que « Toit à moi » dont la vocation est d’aider des personnes sans-abri à rebondir en résolvant d’abord leur problème de logement et en menant en parallèle des actions de socialisation et d’insertion pour leur permettre de se créer un avenir plus solide ou « Article 1. » dont l’objectif est d’organiser des rencontres entre des jeunes limitant leur ambition et des collaborateurs volontaires pouvant partager leur expérience​ et leur faire prendre conscience de leur potentiel, les aider dans la poursuite d’études, l’insertion professionnelle.

3. Conditions de travail :

  • Organisation d’une session de formation de secouriste du travail
  • Mise en place d’ateliers de gestion du stress
  • Proposition de cours de sport et de yoga

4. Développement durable et environnement :

  • Calcul de l’empreinte carbone des collaborateurs
  • Organisation d’une collecte de vêtements au profit d’Emmaüs
  • Participation à la World Clean Up Day
  • Abandon des gobelets plastiques au profit de verres à eau
  • Récolte des piles usagées
  • Mise en place du challenge mâche à pied : une semaine de défi sportif et d’alimentation végétarienne

5. Transparence de l’information :

  • Production d’articles pour le journal interne de l’entreprise (Ce’n’Paper)
  • Mise à disposition d’une grille de rémunération
  • Mise en place d’un tableau de bord RSE

6. Droits de l’Homme :

  • Respect du droit à l’image
  • Adhésion à la charte de la diversité

7. Gouvernance d’entreprise :

  • Rédaction du plan d’assurance qualité Celencia
  • Engagement auprès des Dirigeants Responsables de l’Ouest
  • Mise en place des instances représentatives du personnel
  • Organisation d’ateliers autour des pratiques et postures commerciales

8. Intégration professionnelle :

  • Création d’emplois pérennes et accueil de stagiaires pour renforcer les équipes
  • Séminaire d’intégration des nouveaux arrivants

Le chantier RSE

Afin de mener à bien ses engagements, un chantier dédié à la RSE a été créé au sein de l’entreprise pour travailler spécifiquement sur ce sujet. Le chantier RSE est composé d’une équipe volontaire de 4 à 5 collaborateurs émanant des différents bureaux. Cette équipe évolue chaque année en fonction des envies et des disponibilités de chacun. L’objectif du chantier RSE ? Il est chargé d’assurer la réalisation et le suivi des engagements RSE, de fédérer les équipes autour de projets communs en impliquant tous les niveaux hiérarchiques, de valoriser les principes et actions mis en œuvre et les faire rayonner auprès de tous !

A une époque où nous recherchons tous une amélioration des pratiques professionnelles et plus de transparence, plus de respect pour l’environnement et pour nos concitoyens, dans un souci de performance globale, le choix de la RSE devient de plus en plus évident pour les entreprises. Reste pour chacune à définir comment mettre en place des engagements RSE au sein de son organisation, et à quelle échelle. Aller à son rythme, composer avec les capacités de l’entreprise, tout en restant concret dans ses engagements RSE, et en allant au-delà du simple outil marketing, n’est pas toujours si simple. Mais finalement, qu’elle soit concrétisée ou non par une certification, une démarche RSE doit émaner en premier lieu d’un désir profond et sincère de l’entreprise de vouloir évoluer dans le respect de ses parties prenantes et du monde qui l’entoure.

 

Sonia Bouchekioua, Office Manager

Et Clotilde Lhermet, Consultante au sein du bureau de Paris

Toutes deux membres du chantier RSE