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L’agilité à l’échelle : De la théorie à la pratique

L’agilité à l’échelle (Agile@Scale) est, depuis quelques années, une pratique intégrée dans le quotidien d’un grand nombre d’organisations, mais savons-nous exactement de quoi il s’agit ?

Celencia répond à vos questions ! 

En quoi l’agilité à l’échelle est-elle différente des autres pratiques agiles ?

Scrum est une pratique couramment utilisée pour délivrer une solution informatique, mais elle est assez limitée du point de vue de la transversalité et de l’ampleur des actions mises en place, ne permettant d’avoir qu’une seule équipe en gestion d’un unique projet.

En conséquence, il est presque impossible de prioriser uniformément les développements pour l’ensemble des projets d’une organisation, et de visualiser les impacts d’un projet sur un autre. Les équipes peuvent avoir des difficultés à se synchroniser, ne disposant pas d’outil de suivi global des différentes livraisons.

A plus grande échelle, il est donc nécessaire de mettre en place des actions de coordination, de priorisation, et de synchronisation des tâches d’une entreprise afin de pouvoir gérer son portefeuille projets dans sa globalité.

L’agilité à l’échelle implique de créer une organisation permettant de faire travailler toutes les équipes agiles ensemble autour d’un même produit, voire d’un même ensemble de produits, alors que Scrum s’applique en quelques semaines ou quelques mois sur un nombre réduit d’équipes.

Il est nécessaire de transformer de manière globale l’entreprise du point de vue de sa culture, de la façon de travailler des équipes, et d’interagir en valorisant le leadership, la collaboration et le partage d’informations, la focalisation produit, ou encore la culture de l’échec (dans le cas où l’on en retire rapidement des enseignements) pour que l’agilité à l’échelle fonctionne sur le long terme.

Par exemple, les fonctions support comme les ressources humaines ou les directions financières deviennent également parties prenantes de ces changements.

Des entreprises comme la Société Générale, Axa France, EDF ou encore Pôle emploi ont recours à l’agilité à l’échelle depuis ces trois dernières années.

Les constats, après quelques mois de passage à l’agilité à l’échelle, sont très positifs, comme en témoigne par exemple, Eric CHAMBEFORT, Responsable du Département SI Numérique pour la DSI EDF Commerce Marché Entreprises et collectivités. Après un peu plus d’un an d’exercice, il mesure le succès du passage à l’agilité à l’échelle à travers le niveau d’engagement et du bien-être des équipes, qui n’envisageraient pas un retour arrière.

Ce type d’organisation a en effet, plusieurs avantages :

  • Une nette amélioration de la productivité des équipes et de la qualité,
  • Des tâches priorisées plus efficacement grâce à la collaboration des équipes,
  • Une démarche centrée sur l’utilisateur final, ce qui conduit à une plus grande satisfaction de la part du client,
  • Une meilleure visibilité sur l’ensemble des fonctionnalités, à la fois pour les équipes mais surtout pour les parties prenantes,
  • Une meilleure visibilité sur les projets à venir.

Plusieurs cadres de travail (framework) existent et permettent de répondre à des problématiques différentes. Parmi les plus connus, nous retrouvons SAFe, de loin le framework plus utilisé, LeSS, Spotify, ou encore Nexus, qui a du mal à émerger bien qu’il ait été conçu par l’un des créateurs de Scrum.

Quels sont les principes du framework SAFe ? 

 

SAFe (Scaled Agile Framework) a été créé en 2011 par Dean Leffingwell dans le but de proposer l’agilité à l’échelle dans les grandes DSI et certaines entreprises afin de répondre à un nouveau besoin. Il résulte de la mise en commun des méthodes agiles et du Lean.

Le cadre proposé par ce framework est très complet et permet de donner une réelle visibilité aux dirigeants. Il est principalement adapté pour les organisations complexes ayant besoin d’une approche agile à grande échelle.

L’implémentation de SAFe se fait à travers une trajectoire bien définie qui s’appuie sur le schéma suivant :

 

Source : Implementation Roadmap

 

Ce framework se décline en 4 configurations qui s’adaptent aux différents contextes de déploiement que l’on peut être amené à rencontrer :

  • Essential SAFe : Convient à la majorité des implémentations de SAFe ou à une première version d’un déploiement plus important
  • Porfolio SAFe : Apport du niveau de gestion de portefeuille au framework précédent
  • Large Solution SAFe : Apport du niveau Solution au framework Essential SAFe mais ne prend pas en compte le niveau de gestion de portefeuille
  • Full SAFe : L’ensemble des niveaux sont pris en compte dans ce framework

Source : Configurations SAFe

 

Et en pratique, ce framework fonctionne-il vraiment ?

Afin de voir comment passer de la théorie à la pratique, nous avons interrogé Benoît Tréguer, consultant Celencia, afin qu’il nous parle de son expérience dans l’implémentation du framework SAFe lors de l’une de ses missions.

Quelle stratégie d’implémentation de SAFe votre client a-t-il retenu ?

Notre conviction est d’y aller pas à pas. Aujourd’hui, seul le niveau « Programme » de SAFe a été mis en place. Nous utilisons donc l’agilité à l’échelle pour synchroniser plusieurs équipes agiles. Leurs périmètres fonctionnels sont indépendants à l’exception de certaines fonctionnalités transverses qui sont développées par une équipe pour l’ensemble du programme.

Quels sont les bénéfices que l’entreprise de votre client en ressort ?

Donner du sens :
Au sein de chaque équipe, le fait de se projeter sur 5 sprints (et non plus sur un seul) permet à tous les équipiers de comprendre la vision globale du produit. 

Passer moins de temps en réunion :
Toutes les 10 semaines, nous organisons un Product Increment Planning rassemblant tous les acteurs directs et indirects du programme (architectes, urbanistes, représentants de projets dépendants ou solutions techniques utilisées…). Cela permet de remplacer pratiquement toutes les réunions organisées au fil de l’eau.

S’engager sur le périmètre à livrer :
Lors du Product Increment Planning, l’ensemble des acteurs du programme s’engage sur le périmètre à livrer à la fin des 5 sprints. La présence de tous les acteurs (projet et dépendances) crédibilise l’engagement. La mise en évidence des dépendances permet également de mesurer immédiatement le décalage planning associé au retard d’une fonctionnalité. 

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confronté ?

Dans notre contexte, la principale problématique était d’ordre organisationnelle (mise en place des Product Increment Plannings). La 1ère édition de cette réunion en présentiel a réuni 100 personnes venant de 8 sites différents pendant 2 jours. Trouver un lieu rassemblant salles de réunion et de présentation, réserver les déplacements, assurer les repas est une activité très chronophage.

Quelles sont vos préconisations pour le bon déroulement de SAFe dans la durée ?

Le succès passe par un sponsor convaincu et évangélisant ses équipes, par une disponibilité totale des acteurs directs et indirects lors du Product Increment Planning et par un accompagnement au changement fort (formation, coaching) au lancement de la transformation.

Après des premiers résultats plus que positifs en France comme à l’étranger, l’on peut être amenés à penser que cette méthodologie prendra encore de l’ampleur dans les prochaines années et pourra devenir un incontournable de la gestion de projets à grande envergure.

A vous de voir quel est le framework qui correspond le plus à votre organisation. N’hésitez pas à partager vos retours d’expérience afin d’inspirer de nouvelles équipes à se lancer dans l’aventure de l’agilité à l’échelle !

 

Si vous souhaitez aller plus loin, nos consultants Celencia se tiennent à votre disposition afin d’échanger avec vous sur le sujet de l’agilité à l’échelle. Nous vous invitons à contacter l’un de nos quatre bureaux (adresses sur notre site : Celencia.fr).



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